C’est à Neuchâtel – tout le monde le sait, tout le monde le répète - que se parle le meilleur français en Suisse romande. Par exemple, vous laissant séduire par la beauté du rivage, vous visez le restaurant le plus chic de la ville. Et vous tombez sur cette enseigne :
Quant aux commerçants lausannois, l’amer-anglais s’y déchaîne littéralement. Par exemple, ce prospectus d’un magasin, qui l’eût cru ? de la Cheneau-de-Bourg :
Il faut dire que, comme d’habitude, le bon exemple vient d’en-haut. L’EPFL s’enfonce toujours plus profondément dans son jargon. Au point qu’un de nos lecteurs, agacé, écrit à son service d’information (sic) scientifique : « Vos pages sont illisibles. » Et nous adresse cet extrait :
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Mais la marée de l’amer-anglais monte… monte… Y aurait-il une assurance contre les déraillements du langage ? Sûrement, à voir le titre intelligent que le groupe CSS a donné à sa newsletter :
Les Jargonautes
…avec, mais oui, un éditorial du « Chef Underwriting & Gestion ».La marée, certes. Mais il y a, si l’on ose dire, la… sous-marée. C’est ce qu’observe un de nos lecteurs, M. François Sauter, de Versoix. Un journaliste du Temps s’étant plaint qu’on n’avait pas « retourné ses appels » téléphoniques, il lui envoie cette mise en garde, dont il nous fait tenir copie :
On peut discuter cette liste. Pourquoi ne pas dire « été indien », titre (même s’il s’agit d’une importation, d’ailleurs très évocatrice, du terroir américain) d’une belle chanson ? Ou « des cacahuètes »… traduction d’un mot anglais, peanuts, qu’utilisa dans une déclaration célèbre un malheureux banquier suisse ? En revanche, notons que « faire sens », qui, en français, n’a justement aucun sens, est maintenant une expression utilisée dans d’innombrables journaux et livres, issus parfois de plumes fort distinguées. Si, au moins, les intellectuels étaient un peu plus vigilants…